CW: MUTILATION | You don't need this, you don't need me. |SOLO|

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CW: MUTILATION | You don't need this, you don't need me. |SOLO|

Message par Rozetta Kuchinashi le Lun 14 Mai - 19:59

Rozetta
Kuchinashi
& Une aire
de jeu
You don't need this, you don't need me.

My heart and my soul wanna cry, I beg you, don't watch me pretend that I'm dead. I'd never go wishing to die it's far too unlike all those words that I said.

Nouveau message : Owain : Rozie, t’es où ? Je te cherche depuis hier, je...

Le message était coupé, Rozetta n’avait pas pris la peine de déverrouiller son téléphone pour le lire en entier. C’était le sixième dans le genre qu’elle recevait, et elle n’y prêtait plus attention. Elle se balançait doucement sur la balançoire de l’aire de jeux abandonnée, profitant du coucher de soleil dans le silence du quartier résidentiel. Ses pieds ne touchaient pas le sol et ses mains étaient positionnées a mi-hauteur, tenant les cordes de la balançoire. Les feuilles tombaient, les arbres étaient rouges, l’automne était bien installé sur l’île. Il faisait légèrement frais, aussi Rozetta portait-elle un cardigan jaune bien chaud sur son uniforme. L’après-midi se terminait et la petite pyromane se sentait bien mélancolique, un flot de pensées l’envahissant.

Est-ce que quelqu’un se rendrait compte si elle disparaissait ? Oui. Sûrement. Et pourtant elle ne voulait plus être là malgré tout, mais elle ne pouvait pas partir. Elle s’en voulait. Elle s’en voulait pour tout. Alors qu’elle n’avait rien fait de spécial. C’était dur d’être Rozetta, et elle avait envie de fermer les yeux et ne plus jamais les rouvrir. Elle sortit une lame de sa poche et releva sa manche. Sa peau était si blanche sous ses vêtements, si douce, et pourtant ce n’était pas la première fois qu’elle faisait ça.

I don’t want that for you.

Elle ferma les yeux. Avais-tu peur Rozetta ? Peur de quoi ? Tu le faisais souvent, pas vrai ? C’était normal. Ca te permettait de ne pas pleurer quand il ne le fallait pas. Comme devant Owain. Ou en expédition avec Lillia. Ca te permettait de prétendre être forte. Mais la douleur parfois était terrible. Elle n’était pas physique mais psychologique. Ca te rongeait, te tuait, et pourtant, la lame s’enfonça dans ton avant-bras. Une goutte de sang coula lentement.

Nouveau message : Owain : Tu m’évites ? Dis-moi juste si ça va et…

Tu n’avais aucun droit de savoir, Owain. Si elle allait mal, ce n’était que son problème, ça ne te regardait pas. Juste en l’ayant sauvée une fois tu penses pouvoir avoir la prétention de l’écouter parler ? C’était ridicule. Elle était ridicule. Elle le savait, car au fond d’elle, elle espérait qu’il la trouve, que quelqu’un la trouve et le refasse remonter à la surface, respirer à nouveau, parce que le monde dans lequel elle vivait était si étouffant qu’elle n’en pouvait plus. Elle aurait juste aimé se blottir dans les bras d’Owain en pleurant et en lui avouant que non, ça n’allait pas.

I’m fine, alright, it’s just been rough.

Prise de rage envers elle-même, elle se griffa le bras à plusieurs reprises de sa lame en hurlant de frustration. Pourquoi ne pouvait-elle pas s’aimer, pourquoi ne pouvait-elle pas, comme tout le monde, sourire et apprécier la vie ? Elle aurait aimé se poignarder, fermer les yeux pour toujours, mais elle ne pouvait pas, elle n’en avait pas la force, parce que des gens l’aimaient toujours, mais elle ne s’aimait pas. Des larmes inondaient son visage, elle enfonçait la lame plus profondément à chaque coup mais ça ne suffisait pas. Ca ne suffisait plus. Et pourtant elle devait s’en contenter. Des gouttes de sang s’écrasèrent sur le sol, se mélangeant aux larmes de la pyromane.

Pourquoi ?
Pourquoi ?
Pourquoi ?

Il y avait tant de questions auxquelles personne ne pouvait répondre et qui torturaient l’esprit de Rozetta. Tant de remords, de regrets, tant de doutes, tant de choses qu’elle détestait chez elle. Mais elle était encore là. Elle avait seize ans, elle n’avait pas eu une enfance des plus heureuses mais qu’importait le passé ? Et pourtant… Pourtant elle ne pouvait pas s’empêcher de pleurer, de souffrir, de se sentir mal. Et elle aurait aimé pouvoir se raccrocher à quelqu’un, elle aurait aimé pouvoir en parler, mettre des mots dessus, mais elle n’y arrivait pas. Si seulement on pouvait comprendre, l’aider à sortir de là, de cette cage dans laquelle elle s’était enfermée elle-même.

Une silhouette se dessina au loin et se rapprocha d’elle, lentement, passivement. Un grand garçon aux cheveux noirs et portant des lunettes rondes arrivait, un sourire triste sur le visage, comme pour la rassurer. Il s’arrêta devant elle. Elle le fixait de ses grands yeux ronds. Il sortit un mouchoir en tissu de sa poche et enroba délicatement l’avant-bras de Rozetta. Hisashi sortait d’une séance photo mais il avait su où la trouver. C’était comme s’ils étaient à nouveau à la maison.

You don’t need this. You don’t need me.

Mais elle ne voulait pas lui en parler. A n’importe qui sauf à lui. Elle savait qu’il ne l’aiderait pas. Elle quitta simplement la balançoire, et il la raccompagna, sans un mot. Parce qu’avec Hisashi, il n’y en avait pas besoin, même si, pour une fois, Rozetta aurait bien aimé en dire pour évacuer tout ce qu’elle avait sur le coeur.

Nouveau message : Owain : Dis-moi ce qu’il se passe.

Rozetta Kuchinashi
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