Cours de piano [ft. Adele]

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Cours de piano [ft. Adele]

Message par Jan Lyons le Lun 14 Mai - 2:01



« N’importe quelle salle peut avoir l’air richement décorée avec un piano au beau milieu, tu ne trouves pas ? »
« Est-ce ta passion qui parle, ou ton goût pour l’esthétique ? »
Qu’elle ne regarde pas son visage ne change rien, Jan sourit.
« Qu’est-ce que tu en penses ? »
« Ni l’un ni l’autre ? »
« Ça doit être ça. »
Il passe sa main dans ses cheveux. La dernière fois qu’il lui a demandé comment elle faisait pour donner à ses énormes boucles un air aussi naturel, elle lui a demandé si c’était qu’il en était jaloux, et la fois d’avant aussi. La réponse en elle-même est maline, oublier ce que l’on a déjà dit l’est moins ; il ne lui en veut pas, quelque-chose lui dit qu’elle sait parfaitement ce qu’elle fait.
La personne qui a décoré la salle de piano a sûrement voulu lui donner un air sérieux et artistique en la décorant comme le salon d’un manoir. Le jeune homme se contente d’apprécier la présence d’un canapé dans celle-ci, dont il se sert plus souvent pour se reposer loin de ses colocataires idiots que pour jouer du piano. Un cadeau des cieux, cette salle, vraiment.
Lui n’est qu’assis, c’est Adele qui est allongée sur le canapé, la tête sur ses cuisses. Elle est immobile, les yeux fermés, depuis quelques minutes, mais elle lui répond assez rapidement pour qu’il soit certain qu’elle n’est pas sur le point de s’endormir. Elle ouvre les yeux et le fixe quelques secondes avant de vaguement tourner la tête en direction du centre de la pièce.
« Alors, tu te sers plus souvent de cette pièce pour inviter des jeunes filles que pour t’entraîner au piano ? »
« Pff. »
Il secoue vivement la tête, et fait la moue avant de lui répondre.
« Tu n’as pas confiance en moi ? »
Elle se redresse et s’assoit à côté de lui, arquée vers lui pour lui parler.
« Bien sûr que non ! Tu es un de ces faux Ultimates – un de ceux qui ne pratiquent pas constamment ! »
Elle tire la langue, comme pour s’assurer qu’il comprenne qu’elle blague.
« Tue-la. »
Les pensées volatiles de Jan sont bien étranges, des fois.
« Qu’est-ce que tu en sais ? Tu n’es pas constamment avec moi, que je sache. »
« Peut-être que je devrais. »
Elle le regarde intensément dans les yeux. Il meurt d’envie de regarder ailleurs, s’épargner une seconde de plus de ça… Mais soutient son regard, et continue à sourire paisiblement.
« Tu finirais par en avoir marre. »
« Et sûrement pas moi. »
« Sûrement. »
Ils restent silencieux quelques secondes avant qu’elle approche ses lèvres des siennes pour l’embrasser une fois de plus – sans broncher il suit son geste, fermant les yeux, et se laissant aller.
Leurs lèvres se séparent, mais elle ne s’éloigne pas de lui ; elle se penche contre son torse et pose sa tête contre les grandes cicatrices qui le parcourent, restant immobile, là, plusieurs secondes.
Il imagine que ça doit faire mal à voir.
« Tue-la. »
Cette idée lui vient beaucoup trop souvent.
« Je fais ça justement pour éviter ça. »
« Ça sert à r »
« Ça ne marchera pas »

Il serre les dents, priant pour que ses propres pensées lui foutent la paix.
« Tu es tendu. »  
« Oh, vraiment ? »
« Vraiment ? »
Ce n’est pas mentir s’il ne fait que donner un ton plus doux à ses réelles pensées.
Elle se redresse, et secoue la tête en le regardant d’un air de reproche étonnamment doux. Elle attrape son poignet dont les blessures sont encore fraîches en faisant visiblement attention à ne pas les toucher et elle les fixe, sa prise se serrant rapidement de plus en plus.
« Ne fais pas l’idiot. »  
Il ne répond pas. Il ne voit pas quoi répondre, il ne sait pas pourquoi il répondrait.
« Tu vas beaucoup trop loin. »  
« Ce n’est pas si grave. »
Elle lève la tête vers lui, l’air indigné.
« Menteur ! »  
« Tue-la. Il faut se débarrasser d’elle. »
« Pour un rien ! »

« Je- Tu- Tu es- Je t’aime pas ! »  
Elle le lâche, et les poings serrés, baisse la tête. Il ne lui répond pas immédiatement, il l’observe quelques secondes, se demandant pourquoi elle s’énerve autant, puis il décide de lui rétorquer une réplique à vomir.
« Menteuse. »
Il relève cette fois-ci correctement et reboutonne son pantalon avant de se lever et faire quelques pas au hasard dans la pièce. Il lui fait dos assez longtemps pour donner à son visage la chance de produire la mimique qui va de paire avec son intensif serrage de dents, et reprend un air passif en se retournant pour la regarder à nouveau.
« Moi, j’y crois. »
Il regarde son poignet qui semble prêt à tout moment à se remettre à saigner et envoie son bras vers le côté, comme si c’était quelque chose dont il pouvait se débarrasser.
« Pour y réfléchir plus logiquement que je ne le devrais, c’est partiellement parce que je ne trouve pas ça si grave que je le fais. »
Sa tête est toujours baissée, elle a à peine bougé.
« Mais c’est trop réfléchir pour moi, tu sais, moi, je suis simple d’esprit… »  
« Menteuse. » se retient-il de répéter.
« Ça fait trop mal… »  
Dit-elle, mais ce n’est pas elle qui doit porter depuis hier et pour encore un bon moment ces mitaines très en vogue – non seulement sont-elles ridicules, mais en plus, elles frottent là où c’est sensible. Ah ça oui, ça fait mal, c’est terrible, ça brûle constamment, mais c’est fait, qu’est-ce qu’elle veut y faire de plus ?
« J’ai pas fait exprès. »
C’est ça, le pire !
« C’est ça, le pire… »  
« J’ai pas envie de te faire mal. »
« Mais pourquoi tu as envie de te faire mal, à toi ? »  
Elle relève la tête pour le regarder, et son visage exprime des centaines de sentiments à la fois.
« Et moi, j’ai pas envie de t’emmerder.. ! »  
Elle se rassoit droit contre le siège, lui faisant face, et elle ne semble même pas savoir quoi penser. Il s’approche à nouveau du canapé et s’assoit à côté d’elle, posant sa tête contre son épaule.
« S’il y en a une dont ce n’est pas la faute, c’est toi. »
Drôle d’idée. Il ne réfléchit pas souvent à un fautif.
« Tu t’y habitueras, un jour. »
« Je t’en supplie, ne dis pas ça. »  
« Si c’est ce que tu souhaites. »
Tous deux laissent une pause se marquer, et c’est Adele qui brise le silence et leur immobilité en se jetant sur Jan pour le tenir dans ses bras. Il sursaute légèrement, de prime abord surpris, puis se laisse aller à son étreinte, la serrant à son tour contre lui.
S’il y a une simplicité à laquelle il doit s’avouer faible, ce sont les câlins de l’Ultimate Hugger. Il n’y a rien de plus impressionnant que la puissance d’un talent aussi idiot.
« Je suis désolée de rendre les choses trop compliquées. »  
« N’importe quoi, c’est moi. »
Ça ne sera jamais un mensonge.
Elle rigole avec une touche d’amertume.
« C’est pas faux. »  
Apparemment sans transition, elle embrasse son torse.
« Tu crois que ça disparaîtra plus vite si j’y fais des bisous magiques ? »  
« Tu- »
Elle le regarde dans les yeux.
« Mon vrai Ultimate, c’est magicienne. »  
« Il faudra bien la tuer un jour. »
« … Tu peux toujours essayer. »
Il passe la main qui ne risque pas de se mettre à saigner dans ses cheveux et pose son front contre le celui de la jeune femme. Cachant ses nerfs derrière un grand sourire, il conclut :
« De toute façon, personne n’oserait déranger l’Ultimate Pianiste pendant qu’il donne des cours. »
feat. Adele Blum; "Cours de piano"


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